RDC: information judiciaire ouverte sur la mort du chef maï-maï Morgan

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Dans la dernière vidéo reçue par RFI et France 24, Morgan est au milieu de militaires congolais à Molokaï. On y voit le général Fall Sikabwe chargé des opérations de la zone de l’Ituri. Lui et ses hommes viennent de rejoindre le convoi FARDC (forces armées gouvernementales), parti le matin de la localité de Badengaïdo avec Morgan et une dizaine de ses miliciens.

A l’image, plusieurs dizaines de soldats congolais sécurisent le périmètre, éloignant les habitants qui cherchent à s’approcher et bloquent la route en amont. Paul Sadala, alias Morgan, écoute le général, visiblement nerveux et le regard inquiet. Selon le gouvernement, le chef de guerre et ses hommes auraient dans les minutes qui suivent cette vidéo, cherché à fuir, obligeant les militaires à leur tirer dessus. Un premier bilan faisait état de sept morts du côté des miliciens, et de trois soldats blessés. L’incident a donc lieu à Molokaï.

Morgan serait mort de ses blessures

Mais le chef milicien et ses hommes sont vus dans le village voisin, à Mambasa. Ils sont blessés, mais vivants, transportés à l’arrière des pick-up de l’armée congolaise. Des photos de lui et ses miliciens blessés ont été prises entre Molokaï et Mambasa dont une a été transmise à RFI et France 24. Aucun milicien ne sera amené dans le centre de santé de Mambasa. Morgan meurt des suites de ses blessures d’ici au village suivant, Komanda.

Selon une source proche des enquêtes, il y aurait peut-être plus qu’un défaut de soins puisque le chef de milice et ses hommes pourraient avoir été maltraités une fois blessés. C’est pourquoi une expertise médico-légale a été ordonnée. « S’il est avéré que des militaires ont joué un rôle actif dans cette mort, cela sera constitutif de crime de guerre », explique cette même source, évoquant la convention de Genève.

Paul Sadala, de son vrai nom, s’était rendu quelques jours plutôt. Il bénéficiait du statut de prisonnier de guerre, même s’il devait répondre de ses crimes devant la justice militaire congolaise. Au total, deux procédures contre trente-cinq de ces miliciens sont en cours à l’auditorat militaire de Bunia pour crimes contre l’humanité, notamment des meurtres et des viols.

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