Madagascar: lourdes condamnations dans l’affaire de détournements de fonds de la CNAPS

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Ce grand procès financier tentait de faire la lumière sur les millions d’euros détournés de la Caisse nationale de retraite (CNAPS) entre 2010 et 2018 et qui ont servi notamment à la construction d’un hôtel de luxe. La cour criminelle du pôle anticorruption d’Antananarivo appelait à comparaître six personnes physiques et une société. Les deux principaux accusés étaient absents : l’ex-directeur de la Caisse et actuel président de la Fédération nationale de foot aujourd’hui en cavale, Raoul Rabekoto Arizaka, et l’ancien Premier ministre Jean Ravelonarivo. Les deux ont été condamnés par contumace.

Madagascar: lourdes condamnations dans l'affaire de détournements de fonds de la CNAPS

Dans cette gigantesque affaire de détournement de deniers publics, tous les accusés ont été condamnés. Pour le procureur général du Pole anticorruption Solohery Razafindrakoto, c’est une victoire pour la justice malgache.

« Dix ans de travaux forcés »
L’ex-directeur général de la CNAPS, Raoul Rabekoto Arizaka, soupçonné d’être retranché en Suisse depuis plus d’un an vient d’écoper de la plus lourde peine : « Il a été condamné à 10 ans de travaux forcés, à une amende de 500 millions d’ariary (110 000 euros), et à 10 ans d’incapacité à exercer dans la fonction publique », selon le verdict. Un mandat d’arrêt international a également été prononcé contre celui qui est aussi l’actuel président de la Fédération de foot malgache. Quant à Jean Ravelonarivo, Premier ministre entre 2015 et 2016 et bénéficiaire direct des marchés frauduleux, cinq ans de prison ferme ont été requis contre lui.

« C’est un procès politique »
Maître Raoelina, avocat d’un autre accusé qui écope de 2,5 ans d’emprisonnement ferme, regrette, lui, les condamnations des accusés de second plan : « Pour moi, c’est un procès politique. On ne distingue plus qui est le vrai coupable. On a un nouveau gouvernement (NDLR : nommé le 15 août 2021) qui veut faire preuve de diligence extrême. Ils veulent faire de ce jugement un exemple, et impressionner les opposants, les politiciens, tout le monde. »

Les accusés ont été condamnés à verser un total de 6 milliards d’ariary (1,3 millions d’euros) de dommages et intérêts à la CNAPS, partie civile de cette affaire. Ils ont désormais trois jours pour se pourvoir en cassation.

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