Rapport sur les ZES dans le monde: focus sur celle de Nkok au Gabon

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« Les Zones économiques spéciales, catalyseurs de l’industrialisation africaine » est le titre d’un rapport de l’Africa CEO Forum et de OKAN Partners, un cabinet de conseil en stratégie et en finance dédié à l’Afrique. L’étude publiée ce mardi 12 octobre a passé en revue les expériences des ZES dans le monde et leur impact sur le développement des pays concernés. Il y a des flops et des réussites. Parmi celles-ci, la Zone économique spéciale de Nkok au Gabon, opérationnelle depuis 10 ans.

Rapport sur les ZES dans le monde: focus sur celle de Nkok au Gabon

Deux organes assurent la gestion quotidienne de la zone économique spéciale de Nkok : la GSEZ pour l’aménagement et l’Autorité administrative pour toutes les démarches des investisseurs et des sociétés qui s’y installent.

« Au sein de l’Autorité administrative, il y a un guichet unique. Aujourd’hui, nous avons 22 administrations pour accompagner l’ensemble des opérateurs de cet espace économique dans la délivrance de leurs documents administratifs. Mais également pour veiller au respect des dispositions prises dans le cadre des activités qu’ils font dans cet espace économique », explique Anne Nkene Biyogo, administratrice générale de cet espace de 1 200 hectares.

Une multitude de facilités
Création d’une entreprise en 48 heures, une multitude de facilités, dont des exonérations fiscales… Pour bénéficier des avantages qu’offre la Zone économique spéciale de Nkok, les entreprises doivent écouler localement,  au maximum, 25 % de leur production, sauf lorsqu’il y a une demande plus importante dans le pays.

« Nous sommes tenus de répondre d’abord à ces besoins avant de passer à l’exportation, sans perdre les avantages fiscaux, parce que là, c’est une question de nécessité publique », dit Hervé Ekoué, directeur général de Gorilla, installée à Nkok depuis 2016.

Puis il détaille : « À l’importation, nous sommes exonérés de droits et taxes douanières et nous avons 10 ans pendant lesquels nous ne payons pas les impôts sur les sociétés. Si nous avons besoin de main-d’œuvre qualifiée et que nous ne l’avons pas sur place, nous avons la possibilité de faire venir cette main-d’œuvre [de l’étranger]. Ça également, c’est un avantage ! »

Mais une importante perte de recettes pour l’État, selon le FMI
Principalement axée sur la transformation du bois, la Zone économique spéciale de Nkok accueille aussi d’autres industries. Un succès selon Anne Nkene Biyogo : « En moins de 10 ans, nous avons eu plus de 85 entreprises dans cet espace en ce qui concerne les entreprises en production. Celles qui sont en construction aujourd’hui sont au nombre de 9, sans compter celles qui sont en cours de création aujourd’hui, donc nous sommes allés au-delà de nos espérances », constate-t-elle. 

Une cinquantaine d’entreprises était initialement prévue en 10 ans. Parmi les sociétés implantées à Nkok et qui n’ont aucun lien avec le bois, il y a la santé pharmaceutique, une filiale d’un fabricant indien de médicaments. Mais ce « succès » fait perdre à l’État d’importantes recettes, selon le Fonds monétaire international. Le FMI recommande au gouvernement gabonais de supprimer les nombreux régimes d’exonérations fiscales et douanières, notamment celui dont bénéficie la Zone économique spéciale.

Libreville refuse pour l’instant, arguant que la zone de Nkok prévoit de créer 35 000 emplois directs et indirects à l’horizon 2030. Il y en a 16 000 aujourd’hui.

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